08.04.2009

Augmentation injustifié

Une augmentation d’indemnité

                                                              …injustifiée !

 

Certain ont le plaisir de se voir augmenter de 172%, d’autres, ont le voit tous les jours, des dirigeants d’entreprises en difficultés ou non bénéficient de versement de bonus, de stock-options voir de parachutes ou de retraites dorées sans commune mesure avec le régime général.  

Dans le même ordre d'idée, voici une information dont la primeur devrait faire parler dans les coulisses des municipalités de notre canton. Virginie Lucot-Avril, adjointe d’Aumale et présidente de la communauté de commune a exigé - un an après son élection -  une augmentation assez substantielle de son indemnité pour la porter à 100% de l’indice. 

 

Jusqu’à présent, et comme son prédécesseur pour la même fonction, la présidente percevait 70% ! 

 

Personnellement, je trouve la démarche indécente et inique mais aussi excessive surtout au regard de la crise actuelle. 

 

Indécente, car normalement le mandat d’élu a une tradition de gratuité, ce qui explique qu'il ne soit pas, en tant que tel, rémunéré. Les élus doivent rester au service de la population et ne doivent pas être animés par la recherche systématique du montant maximal de leurs indemnités ! Cette volonté s’inscrit dans une volonté de " professionnaliser " son  mandat pour se dégager de toute activité professionnelle. Si certains élus se sentent accablés par les responsabilités, qu’ils les partagent.....

 

Elle est aussi inique, car les habitants du canton d’Aumale subissent de plein fouet la crise économique et, la crise sociale. Leur pouvoir d’achat est en berne quand il n’a pas chuté. D’un côté, nous avons des suppressions d’emplois massives, des mesures de  chômage technique pour une majorité et de l’autre, des revenus qui explosent pour une minorité ! Il ne faudrait pas confondre indemnités et salaires. Les sommes reçues au titre de l’indemnité présente le caractère d'une "compensation" pour le temps passé à s'occuper des affaires publiques. Il ne s'agit donc pas de "rémunérer" l'homme pour son action ou son travail, mais de lui permettre de subsister alors qu'il sacrifie une partie de son intérêt individuel à la défense de l'intérêt général. Si l’élu a le désire de gagner plus, il lui appartient de passer à autre chose !

 

De plus, exiger dans le même temps une revalorisation de son indemnité et une augmentation de la redevance des ordures ménagères, c’est nier la réalité des effets de la crise sur le porte-monnaie des ménages de ce canton. 

Ensuite, elle est excessive non seulement, au regard de la seule compétence exercé par la Communauté de commune : les déchets ménagers. Pour justifier l’augmentation la présidente affirme "ce travail de présidente me prend énormément de temps et en plus je forme la nouvelle secrétaire pour lui faire comprendre les mécanismes ".

 

L’argument peut faire sourire, la présidente de la communauté de commune n’a pas plus d’expérience au sein de cette collectivité et ce n’est pas comme adjointe aux Sports qu’elle a pu en acquérir une ! Par ailleurs, si le transfert de compétence vers le SIVOM puis la Communauté de commune a été accompagné  pour le contribuable à d’une " addition d’indemnités ", il n’y a pas eu dans le même temps de " soustraction d’indemnités" dans les communes !

 

De plus, il faut avoir le courage de le dire et informer les habitants du canton. Il n’y aura pas dans les prochains mois de création de zone d’activité à proximité de l’A 29. La présidente de la com’com d’Aumale vient de laisser passer l’opportunité d’acquérir un espace de cinquante hectares qui aurait pu être utilisé pour aménager un bassin d’emploi. On le voit, l’intérêt du canton comme la question de l’emploi ne constitue pas une priorité absolue pour la Communauté de communes d’Aumale ou alors elle ne me saute pas aux yeux.

 

Cela nous amène au constat du conseiller général, non seulement la suppléante du député méconnaît les demandeurs d’emploi du canton mais elle ignore également à quoi sert le sert le droit de préemption !

 

J’ajouterai, que pousser l’ironie à demander une augmentation de la redevance sans connaître le produit des futures négociations de l’appel d’offre qui devrait intervenir dans…deux ans est quelque part curieux.

 

Est-ce cela le devoir accompli ?

 

Enfin, les habitants du canton seront "heureux" d’apprendre que la législation fixe un  taux maximal de l’indemnité des élus. Dans le cas présent, elle est limitée à 41,25% de l’indice de 1015 pour une population totale comprise entre 3 500 à 9 999 habitants !

 

Dans ces conditions, l’augmentation n’est ni légitime ni justifiée.

 

© mars-avril 2009-Jean-Marie MENDY